EISLER-WEIL - SOLIDARITÄT !

Jeudi 5 mars 2020 à 20h
L’Alhambra – Rue de la Rôtisserie 10 – 1204 Genève

Concert sur les musiques de Hanns Eisler et de Kurt Weill, deux musiciens de l’entre-deux guerres en Allemagne, tous les deux tournés vers une musique engagée – socialement et politiquement – et surtout une musique accessible au peuple.

Ces deux musiciens composent des musiques qui rompent avec la tradition de la musique romantique allemande, surtout avec le wagnérisme, mais aussi avec la musique contemporaine de leur époque. Ils cherchent à composer des musiques qui touchent au plus grand public, le peuple même. Ce sont des chants populaires, des chœurs de lutte, des fanfares enivrantes et moqueuses… et toujours plein de poésie et de cœur.

Issu d’une famille juive autrichienne, Hanns Eisler est l’élève de Schoenberg, avant de rompre brutalement avec lui, estimant que le maître du dodécaphonisme était coupé des masses. Le fait qu’Eisler était antiélitiste dans l’âme est attesté par son implication, alors qu’il était encore à Vienne, dans diverses sociétés de chant ouvrier. Mais après avoir déménagé à Berlin il se lance dans la création d’hymnes, de chants de marche et de morceaux pour chœur d’hommes non accompagnés qui non seulement soutenaient ouvertement le prolétariat dans leurs textes, mais qui étaient aussi "accessibles" dans leur contenu musical de manière consciente.

Outre des pièces vocales qui entrent plus ou moins dans la catégorie des Kampflieder, il s’agit de partitions instrumentales pour une poignée de films muets et surtout pour l’auteur Bertolt Brecht - des suites de musique de scène pour un grand nombre de productions de théâtre au goût politique. Un autre musicien, tourné plus vers le jazz, Kurt Weill, collaborait déjà étroitement avec l’écrivain.

Weill, quant à lui, avait l’idéal d’écrire de la musique qui servait un but socialement utile. Il a été le protagoniste essentiel d’une avant-garde de la musique légère sociale et sociocritique du XXe siècle, alliant haute exigence esthétique et politique, à popularité. Son langage musical, pleinement développé à Berlin dans les années 1920, mêle différentes sphères musicales ; grâce à des techniques avancées, surtout l’aliénation et le montage, des matériaux populaires sont nouvellement saisis et convertis - des types de danse contemporaine comme le shimmy, le foxtrot, le jazz en général, mais aussi des genres légèrement dépassés comme le tango et déjà traditionnels comme le moritat, la marche, la chorale.

Notre concert propose donc une relecture des musiques de ses deux compositeurs, surtout celles écrites dans les années 1920 et 1930 et qui démontrent justement le coté accessible et socialement engagé des deux compositeurs à cette époque. Leur musique va certainement inspirer des improvisations envolées ainsi que des compositions originales.