BACK 2 THE FUTURE - IVAN ILLICH

Jeudi 31 octobre 2019 - 18h
L’Alhambra – Rue de la Rôtisserie 10 – 1204 Genève

IVAN ILLICH ET L’AUTONOMIE

Conférence avec :
Jean-Michel Corajoud, fondateur du cercle des lecteurs d’Ivan Illich à Lausanne (1)
XR-Genève
Le journal MOINS ! (à confirmer)
Modérateur : Sandro Rossetti

Publications de J.-M. Corajoud :
• Le Crétin des Alpes. Petit journal du mouvement des réfractaires au développement
• La convivialité - Journal des lecteurs de Ivan Illich

(1) Le Cercle des lecteurs d’Ivan Illich fonctionne sans centre ni cotisation, chaque 
lecteur pouvant choisir ou écrire des textes et les diffuser auprès des
autres lecteurs ou de toute autre personne dans un but non lucratif. Il
 suffit de s’annoncer.
C’est probablement une formule appropriée dans
 une situation difficile face aux systèmes de pensée dominants. 
La convivialité est un vocable lancé par Illich en 1978. « J’appelle
 société conviviale une société où l’outil moderne est au service de la 
personne intégrée à la collectivité et non au service d’un corps de 
spécialistes. Conviviale est la société où l’homme contrôle l’outil »,
 écrivait-il.
La convivialité, c’est sous ce titre que le Cercle publie
 son bulletin. Son numéro de juin 2004 contient une étude de Daniel 
Cérézuelle qui établit les remarquables convergences entre Bernard
 Charbonneau, Jacques Ellul et Ivan Illich sur les notions
 d’incarnation. L’angle d’attaque peut paraître singulier au premier 
abord mais s’avère fructueux et d’une grande pertinence dans la critique de la société technicienne et de ses implications sur la vie 
quotidienne.

Jeudi 31 octobre 2019 - 20h
L’Alhambra – Rue de la Rôtisserie 10 – 1204 Genève

En cette période de prise de conscience des changements climatiques, de destructions croissantes de notre milieu de vie, de remise en question fondamentale de notre société industrielle, les écrits et les thèses d’Ivan Illich, quelque peu oubliés après avoir frappé les pensées, sont étonnants de pertinence. Il fût l’un des plus lucide critique de notre société industrielle. Il en démonta, pièce par pièce, toute justification théorique. Cette société ne peut exister, après ce démontage que grâce à l’hébétude de ses membres et le cynisme de ses dirigeants (Jean Robert, Préface aux Oeuvres complètes). Sa critique est si radicale que les propositions les plus exigeantes du fameux Club de Rome, ou les réformes les plus audacieuses proposées par nos dirigeants ou nos partis les plus verts, ne sonnent plus que comme de bien-pensantes naïvetés. En définissant les seuils critiques naturels de nos outils et de nos institutions, au-delà desquels leurs effets pervers sont intolérables, il définit l’idée d’une société conviviale dans laquelle le politique définit les seuils critiques, limite la puissance des outils, et rétablit - ou maintient - les facultés d’autonomie des gens. Car au-delà de certains seuils, les transports paralysent les pieds, le système de santé rend malade, et les écoles tuent l’autonomie de l’apprentissage. Dans un monde qui s’asphyxie de gaz d’échappement, où les coûts de la santé échappent à tout contrôle, et dont les écoles sont davantage des filtres qui préservent nos élites que des outils d’émancipation, une société conviviale ne peut qu’être souhaitée.
Cette pensée clairvoyante, que peu connaissent, n’a pas dit son dernier mot. Elle flotte et circule dans le rhizome de notre pensée collective. Elle essaime. Elle fleurit. Elle fructifie. Elle pénètre de plus en plus les résistances qui s’organisent. Elle charpente et étaie les révoltes anti-capitalistes et anti-industrielles. Elle éblouit, subjugue par son évidence. Les récentes marches pour le climat, les mouvements comme Extinction Rebellion, les Ainées pour le climat, ces multiples résistances sont le signe que, alors que le cynisme du libéralisme augmente de façon exponentielle, notre hébétude coupable, elle, diminue de plus en plus.
Le projet du Fanfareduloup Orchestra est de souligner, avec nos outils musicaux, la pensée de cet homme magnifique en nous nourrissant de sa poésie, de la musicalité et du rythme de sa phrase écrite, ceux, si singuliers, de son parlé, l’espoir et l’amour universel qu’il dégage.
C’est à vivre l’avenir que nous sommes conviés. [...] Dans ce futur, nous devons mettre un terme au pouvoir coercitif et à l’autoritarisme [...] Si une formule pouvait résumer la nature de cette ère nouvelle, ce serait : la fin du privilège et de l’arbitraire (in Nous vous appelons à célébrer... - Yvan Illich, 1967)

rejoué le vendredi 1 novembre à 20h